Microsoft : Home, Code et Autopilot

Le nouveau Copilot présenté par Jared Spataro, chargé du marketing de l’IA au travail chez Microsoft, s’organise en trois espaces. Home réunit la conversation et Cowork, avec Word, Excel et PowerPoint intégrés à l’expérience. Code permet à chacun de décrire en langage naturel une application, un tableau de suivi, un tableau de bord ou une automatisation, que Copilot construit puis exécute dans un environnement géré au sein de Microsoft 365. Autopilot, anciennement appelé Scout, est un agent qui continue de travailler quand l’utilisateur n’est pas là, « avec sa propre identité, sa mémoire, son ordinateur et son espace de travail ».

Home et Code arrivent d’abord dans le programme Frontier de Microsoft, Autopilot en préversion privée à la fin de septembre. La facturation change aussi : un abonnement par utilisateur pour l’usage courant, et une facturation à l’usage pour le travail des agents et l’accès aux modèles de pointe, avec de nouveaux outils de suivi et de plafonnement des dépenses (« FinOps for AI »).

Meta : Muse veut devenir l’agent du quotidien

À Connect, Meta a fait de Muse, son agent personnel, le fil rouge de ses annonces. Sur les lunettes connectées, il suffira de prononcer le nom de son agent pour qu’il agisse sur ce que l’on regarde ; un mode vocal permet de longues conversations pendant que Muse travaille en arrière-plan. Muse disposera de sa propre adresse électronique pour mener des tâches à bien, et Meta annonce de nouveaux partenaires, dont des enseignes comme Walmart, Sephora ou Wayfair et des outils comme Notion, GitHub ou Box.

Nous avions présenté en août Muse Code, la déclinaison de Muse pour les développeurs. Avec Connect, Meta vise le grand public : l’agent devient un intermédiaire entre le client et les marques.

Des modèles de pointe moins chers

Le 22 septembre, Anthropic a lancé Claude Opus 5.5, qui atteint selon l’éditeur le niveau de Claude Fable 5.1 sur la plupart des tâches pour un coût environ 40 % inférieur à celui d’Opus 5 : 4 $ par million de tokens en entrée et 20 $ en sortie, contre 5 $ et 25 $, avec une génération plus de 30 % plus rapide. Anthropic précise que le modèle a été évalué avant sa sortie par des évaluateurs externes, dont METR.

Le même jour, OpenAI a publié GPT-6 Sol et GPT-6 Luna, deux modèles de raisonnement placés sous GPT-6 Astra. Luna, le plus économique, est affiché à 0,10 $ par million de tokens en entrée et 0,50 $ en sortie. Pour les agents permanents, ces baisses comptent : un agent qui travaille des heures consomme beaucoup, et le choix du modèle pèse directement sur la facture, comme nous l’expliquions à propos du coût des tokens et du routage.

Un agent permanent se gère comme un collaborateur

Un agent qui a sa propre identité, sa mémoire et son ordinateur pose les mêmes questions qu’un nouveau collaborateur, en plus pressantes. Son identité : un compte dédié, avec des droits limités à sa mission, jamais les identifiants d’un salarié. Sa mémoire : que garde-t-il, combien de temps, et peut-on l’effacer ? Son budget : avec la facturation à l’usage, un agent qui tourne en boucle coûte de l’argent ; il faut un plafond et une alerte. Son contrôle : un journal consultable, une revue régulière et la possibilité de le suspendre immédiatement.

Ces règles valent quel que soit l’éditeur, Microsoft, Meta ou un agent sur mesure. Nous les appliquons dans nos agents IA au forfait et dans nos automatisations IA.

Par où commencer

  1. Choisir une tâche récurrente et peu risquée : veille, synthèse hebdomadaire, préparation de rapports internes.
  2. Écrire la mission : objectif, limites, sources autorisées, format du résultat, ce qui exige une validation.
  3. Fixer un budget et une alerte de dépassement dès le premier jour.
  4. Relire chaque semaine ce que l’agent a produit pendant le premier mois, puis espacer.
  5. Élargir progressivement ses droits, une tâche validée à la fois.

Conclusion

Fin septembre 2026, l’agent permanent est passé du concept au produit : Microsoft l’intègre à Copilot, Meta le met sur des lunettes, et les modèles qui le font tourner deviennent moins chers. Pour une entreprise, la bonne question n’est pas de savoir si elle adoptera ces agents, mais à quelles conditions : une identité dédiée, un budget, un journal et un droit de retrait.