Ce que fait Siri AI
Apple décrit quatre capacités. Le contexte personnel : Siri peut retrouver dans vos messages qu’un proche voulait préparer une recette de famille, puis rassembler les informations utiles dans vos courriels. La compréhension de l’écran : sur le site de votre équipe de sport favorite, Siri peut repérer les prochains matchs à domicile et les ajouter à votre agenda. Les actions dans les applications : rédiger un courriel, retoucher et partager des photos, y compris dans des applications tierces comme WhatsApp, Outlook ou Notability. Enfin, la connaissance du monde : des réponses appuyées sur le web, des résultats sportifs à l’organisation d’un voyage.
La bêta concerne les iPhone 15 Pro et modèles plus récents, les Mac à puce M1 ou plus récente, certains iPad, l’Apple Vision Pro et l’Apple Watch à partir de la Series 9.
Un assistant d’Apple construit avec Gemini
Le point le plus notable tient en une phrase de l’annonce : les nouveaux Apple Foundation Models ont été conçus sur mesure en collaboration avec Google et ses modèles Gemini. Les requêtes sont traitées sur l’appareil quand c’est possible, sinon dans le Private Cloud Compute d’Apple ; selon Apple, les données personnelles n’y sont ni conservées ni accessibles, à Apple comme à quiconque.
Pour les entreprises, ce rapprochement a une conséquence pratique : les technologies de Google sont désormais présentes, sous une forme ou une autre, au cœur des assistants des deux grands écosystèmes mobiles. La façon dont ces modèles lisent et résument une page web compte donc encore davantage. Nous l’avions vu avec les agents qui agissent dans le navigateur : un site clair est un site qu’une IA peut utiliser.
Pourquoi l’Europe attend
L’annonce d’Apple le dit sans détour : Siri AI ne sera pas disponible dans un premier temps dans l’Union européenne, ni en Chine, et aucune date n’est donnée. Le français fait pourtant partie des langues annoncées pour le mois suivant le lancement, avec le japonais, le coréen, le portugais et l’espagnol. En pratique, des clients francophones hors de l’Union pourraient donc l’utiliser avant ceux de France.
Ce décalage laisse aux entreprises françaises un délai précieux : le temps de rendre leurs informations et leurs applications lisibles par les assistants avant que leurs clients ne s’en servent au quotidien.
Être « actionnable » par un assistant
Un assistant qui agit a besoin de deux choses : des informations fiables et des actions bien décrites. Pour un site, cela passe par des données structurées (horaires, adresse, prestations, prix, événements) cohérentes avec votre fiche d’établissement et vos autres présences en ligne : c’est le cœur de l’optimisation pour les moteurs génératifs. Pour une application iOS, Apple propose les App Intents, le cadre qui permet de déclarer les actions d’une application (réserver, commander, rechercher) pour que Siri et le système puissent les déclencher.
Une bonne pratique : vérifier ce qu’un assistant répond aujourd’hui quand on l’interroge sur votre entreprise. Les erreurs de ces réponses viennent presque toujours d’informations contradictoires publiées à plusieurs endroits.
Plugin4Shell : quand une extension d’agent change dans votre dos
La même semaine, la société Air Security a révélé Plugin4Shell, une faille touchant les extensions de quatre agents de code : Claude Code, Codex, GitHub Copilot et Gemini CLI. Ces agents installent une extension « épinglée » sur une empreinte de version précise, mais ne vérifiaient pas que le code récupéré correspondait bien à cette empreinte : sur certaines plateformes Git autres que GitHub, une branche peut porter un nom identique à une empreinte et servir un autre code, que l’agent installe sans vérifier qu’il correspond à la version approuvée.
Selon The Hacker News, Anthropic a corrigé Claude Code (version 2.1.179) et OpenAI Codex (version 0.146.0) ; aucun correctif n’était disponible pour GitHub Copilot à la date de l’article, et Gemini CLI ne sera pas corrigé, Google le remplaçant par Antigravity. GitHub bloquant ces noms de branche, les extensions hébergées sur GitHub sont moins exposées. Le réflexe est le même que pour la chaîne d’intégration continue : mettre à jour, limiter les extensions et désactiver leurs mises à jour automatiques sur les projets sensibles.
Conclusion
Siri AI illustre un basculement : l’assistant ne se contente plus de répondre, il lit votre écran et agit pour vous. L’Union européenne l’attendra un peu, ce qui laisse aux entreprises françaises le temps de soigner leurs informations publiques et, si elles ont une application, de déclarer leurs actions. Dans le même temps, Plugin4Shell rappelle que chaque extension d’un agent est une porte d’entrée à surveiller.